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Mon vol en apesanteur

La semaine dernière, j’ai eu la chance de réaliser un rêve extraordinaire : effectuer un vol en apesanteur ! J’ai longuement hésité à rédiger un article sur le sujet : je ne voyais pas comment décrire cette expérience, comment trouver mes mots. Mais je trouvais vraiment dommage de ne pas partager un tel souvenir : je vais donc essayer ici. Retour sur cette expérience résolument unique.
L’aventure se passe à bord de G Force One, un Boeing 727 modifié pour ce type de vol. De l’extérieur, il semble identique à n’importe quel autre. Mais à l’intérieur, c’est tout autre chose : au lieu des 300 sièges passagers qu’il pourrait contenir, l’appareil n’en compte en effet que 40 : 20 à l’avant et 20 à l’arrière. Le reste est la zone de free floating, capitonnée du sol au plafond. Là, pas de siège, pas de compartiment bagage : on ne trouve que des straps rouges et des filets. Cinq minutes après le décollage, nous avons pu nous détacher. Et je suis allé me placer dans la zone de free-floating. S’est ensuivie une demi-heure d’attente, le temps que l’appareil atteigne l’altitude de 20000 pieds. Puis l’équipage nous a annoncé que la première parabole allait commencer. Je me suis allongé au sol et ai essayé de ne plus bouger la tête, conformément aux instructions reçues pendant le briefing. La parabole se passe en effet en plusieurs étapes. Au début, il y a l’hypergravité, où l’on pèse 1,8 fois son poids pendant une vingtaine de secondes. Puis l’appareil atteint le sommet de la parabole et tombe en chute libre : on se met alors à flotter pendant 22 secondes. Pour la première parabole, nous avons expérimenté la pesanteur martienne : 0,38g. Alors c’est ça, que ressentiront les premiers colons ? Tous les participants bondissaient, riaient dans la cabine. Peut-être un effet de la Scopolamine (un remède contre le mal des transports qui nous avait tous « shootés »). Vingt-deux secondes plus tard, je me suis rallongé, pesant à nouveau presque le double de mon poids. Quelques secondes plus tard, j’ai retrouvé mon poids normal et repris mes esprits. Mais déjà la parabole suivante arrivait (il n’y a qu’une minute et demie entre chacune). C’était reparti pour un tour. Une nouvelle fois, je double de poids, puis quelques secondes plus tard, je teste la pesanteur lunaire : je ne pèse plus que quelques kilos ! C’est magique !
Troisième parabole, on y est : l’apesanteur. Je passe d’un seul coup de surpoids à 0 kg. La sensation est déstabilisante. J’ai eu beau m’y préparer des mois à l’avance, le cerveau n’est pas préparé à perdre un repère aussi simple et stable que la gravité. Dur aussi de manoeuvrer quand on n’est pas habitué à l’apesanteur. Je pousse légèrement contre le plafond pour flotter dans le vide… et percute le sol pour rebondir aussitôt. Je parviens à me stabiliser en m’agrippant à une lanière. Il me faut bien 3 paraboles pour prendre le pli, et arriver à flotter sans toucher de parois. Impossible de décrire une telle sensation. C’est au-delà des mots, au-delà même de l’imagination : j’avais beau m’être préparé, c’était encore bien au-delà ! Treize paraboles plus tard, quand l’avion s’est posé sur la terre ferme, j’étais épuisé mais heureux comme je ne l’avais jamais été. Suivez le lien pour en savoir plus sur cette expérience de vol en apesanteur.