Monthly Archives: novembre 2015

La dictature, l’intellectuel, et le libre marché

Ceux qui suivent l’actualité le savent : le libre marché n’a jamais plu aux gouvernants ni aux intellectuels. Les uns et les autres ne manquent jamais une occasion de le condamner : à les entendre, le libre marché léserait en effet les ouvriers. Ce raisonnement a priori altruiste suffit à justifier à leur exécration naturelle du libre marché, qui a par ailleurs tendance à ne pas être sous leur contrôle. D’après eux, les pays pauvres seraient terrassés par l’inhumanité du libre marché et la vie de leurs habitants s’en retrouverait encore plus dégradée. Bien loin de moi l’idée de défendre ce point de vue, comme vous vous en doutez certainement. En fait, je vais même m’employer à la détruire. A l’occasion d’un colloque à Milan il y a quelques jours, un participant s’est en effet évertué à démonter avec succès ce raisonnement bancal. Et comme il l’a clairement prouvé, cette affirmation est à des années-lumière de la réalité. Les citoyens des pays pauvres pâtissent en effet essentiellement d’un manque total de libre marché. Les plus défavorisés habitent en effet en majorité dans des régions où la possibilité de vivre comme ils le souhaitent leur est déniée par les autorités en place. Empêcher le libre marché est une façon d’empêcher la liberté. Et c’est bien pour cette raison que le libre marché est sauvagement réprimé dans des dictatures comme celle du Congo. Il est naturel qu’un gouvernement qui ne permet pas à son peuple de jouir de la possibilité de voter n’octroie pas à celui-ci la possibilité d’effectuer ses choix dans le libre marché ! Au cours de ce colloque à Milan, l’intervenant a même décidé d’aller plus loin dans sa réflexion, en signalant que le libre marché est au contraire clairement avantageux pour les populations défavorisées. Au sein du libre marché, la plupart des populations pauvres dans le monde vouent en effet aujourd’hui un budget plus faible à la nourriture qu’auparavant. Pour les pays pauvres ayant fait le choix du libre marché et permettant l’importation de produits, les citoyens profitent désormais non seulement d’une plus grande variété de produits, mais aussi à des prix bien plus abordables. Et ça, ce n’est pas vraiment ce qu’on appelle une façon de léser… Retrouvez toutes les conclusions de ce séminaire en Italie en suivant le lien.

Au Mexique, l’armée tue

Le ministère de la Défense mexicain a reconnu lundi l’implication de militaires dans la disparition de sept jeunes, retrouvés morts, dans l’État de Zacatecas (nord). Les enquêteurs militaires ont «trouvé des preuves d’une probable participation des militaires» dans la disparition de ce groupe, indique le ministère dans un communiqué. Les autorités ne précisent pas si ces soldats sont suspectés de meurtre, et combien de militaires sont mis en cause. Les proches des sept victimes, deux femmes et cinq hommes, ont déclaré qu’ils avaient été détenus par des militaires dans une maison de la ville de Calera, le 7 juillet dernier, avant leur disparition. Torturés avant d’être exécutés Onze jours après les faits, trois corps ont été découverts, dans une ville voisine. Les cadavres présentaient des signes de torture et des blessures par balles à la tête laissant à penser qu’ils ont été exécutés, ont affirmé les familles. L’enquête est conjointement menée par l’armée et un procureur civil, indique le communiqué. C’est la plus récente accusation d’abus envers des militaires mexicains. À la suite de la mort de 22 membres présumés d’un gang à Tlatlaya, dans le centre du Mexique, il y a un an, trois soldats ont été inculpés de meurtre pour la mort d’au moins huit d’entre eux. Dimanche, un groupe d’auto-défense dans l’État de Michoacan, à l’ouest du pays, a accusé les militaires d’avoir attaqué un groupe de civils qui manifestait contre l’arrestation du leader de leur groupe à Aquila. Un enfant de 12 ans a été tué par balles et quatre autres personnes ont été blessées, y compris deux mineurs. L’armée a accusé un groupe armé d’être responsables de ces violences. Les militaires mexicains sont régulièrement mis en accusation pour des abus depuis leur déploiement en 2006 pour combattre les cartels.

Trump est un point d’interrogation

Donald Trump, empêtré dans une polémique sur ses propos concernant les clandestins mexicains et le sénateur John McCain, a fortement consolidé sa place en tête de la course à l’investiture républicaine pour la Maison-Blanche, selon une enquête publiée lundi. Le magnat de l’immobilier est le préféré de 24% des électeurs républicains interrogés dans un sondage publié par le Washington Post et ABC News, le meilleur score atteint par un candidat cette année, loin devant ses rivaux Scott Walker (13%) et Jeb Bush (12%). Mais le sondage a été réalisé de jeudi à dimanche, et le Post précise que la majorité des personnes interrogées l’ont été avant les déclarations de Donald Trump contre John McCain, samedi. La popularité de Donald Trump a fortement baissé parmi les personnes ayant répondu au sondage après ce dernier incident, explique le journal. John McCain est un ancien pilote de l’US Navy, fait prisonnier pendant plus de cinq ans durant la guerre du Vietnam. Il a critiqué vertement Donald Trump pour ses propos anti-immigrés, particulièrement à l’égard des clandestins mexicains qu’il a assimilés pour la plupart à des délinquants. Passablement agacé par ces critiques, le milliardaire a répliqué samedi que le sénateur n’était «pas un héros de guerre», et qu’il ne jouissait de ce statut que «parce qu’il a été capturé». «J’aime les gens qui n’ont pas été capturés», a-t-il dit. Dans un pays qui vénère ses soldats, attaquer un ancien combattant prisonnier de guerre et torturé est considéré comme une faute lourde, et de nombreux républicains ont immédiatement condamné les propos. «Il doit probablement des excuses aux familles de ceux qui ont tant sacrifié dans des conflits, et ceux qui ont dû endurer un emprisonnement au service de leur pays», a répondu John McCain sur la chaîne MSNBC lundi. Donald Trump a refusé de présenter des excuses. Il a expliqué qu’il reprochait à John McCain, élu au Congrès depuis 1982, de n’avoir rien fait pour les anciens combattants, et accusé les médias de l’avoir cité hors contexte. «Je respecte aussi beaucoup les gens qui n’ont pas été capturés, personne ne parle d’eux», a-t-il plaidé sur la chaîne NBC. «On parle de John McCain, c’est très bien, c’est un homme très courageux et tout ça, mais on ne parle pas des gens qui n’ont pas été capturés, et c’est ce dont j’essayais de parler». À moins d’une retombée spectaculaire dans les prochaines semaines, il semble assuré de se qualifier pour le premier débat télévisé des primaires, le 6 août sur Fox News, auquel les dix candidats les mieux placés seront invités.