En L-39

Un ami qui n’a plus le permis m’a récemment demandé de le conduire dans le sud (à Aix-en-Provence), où il devait effectuer un vol en avion de chasse. Je l’ai donc accompagné, puis ai passé l’après-midi à Marseille, une ville que je connais assez peu, en dehors de ses plages et de la Cité radieuse. C’est en attendant mon ami que j’ai ainsi découvert le quartier le plus célèbre de la ville : le quartier du Panier. Toile de fond de romans noirs, le quartier du Panier, qui surplombe la cité phocéenne, met à rude épreuve le sens de l’orientation ! Ce quartier de marins-pêcheurs, le plus vieux de la ville, englobe un triangle délimité par le fort Saint-Jean et l’impériale rue de la République, bordée d’immeubles haussmanniens. J’ai commencé la promenade par le quai du Port. L’occasion d’admirer les bateaux en passant et de s’arrêter devant l’élégante façade de 1′hôtel de ville et tout près, l’étonnante Maison diamantée et le pavillon Daviel, l’ancien palais de justice. J’ai ainsi découvert l’hôtel-Dieu, un chef-d’oeuvre d’architecture construit d’après les plans de Mansart, avant d’emprunter la montée des Accoules, en évitant des draps qui séchaient sur une corde à linge ! Un spectacle d’autant plus ahurissant qu’on est en novembre. J’ai enchaîné cette journée de découverte par la cathédrale La Major, un monument romano-byzantin qui fait de l’ombre à la Vieille-Major, l’église la plus ancienne de la ville. Je me suis ensuite rendu à la Vieille-Charité, un hôpital dont la fonction première était de recueillir les indigents. Sa magnifique chapelle baroque, coiffée d’un dôme en forme d’oeuf, tradition héritée du baroque italien, est l’oeuvre de Pierre Puget. Sauvé de la démolition par Le Corbusier, ce centre culturel regroupe deux musées qui possèdent de remarquables collections d’archéologie égyptienne et d’art africain. L’important, dans ce quartier du Panier, c’est de se perdre dans le dédale de rues et d’escaliers et de marquer une pause dans un bar ou un restaurant sur la symbolique place de Lenche. De ce quartier du Panier joliment restauré et qui a perdu sa mauvaise réputation, il émane un parfum d’authenticité et de métissage qui fait chaud au coeur. Cette découverte m’a guéri des mauvaises impressions que j’avais sur Marseille, dont je ne connaissais jusqu’alors que la canebière encombrée, et le vieux port déclaré zone morte dès 22h passées. Quant à mon ami, je pense qu’il a apprécié son vol en avion de chasse. Il m’en a parlé pendant tout le trajet retour ! Suivez le lien pour en savoir plus sur ce vol en L-39.

Un processeur neuromorphique

Ces dernières années, l’intelligence artificielle (IA) a beaucoup progressé grâce à l’apprentissage automatique (machine learning) et ses différentes méthodes, en particulier l’apprentissage profond (deep learning). Mais il s’agit de systèmes spécialisés, entraînés avec un certain type de données qui, par définition, n’ont pas la capacité de produire un « raisonnement » généraliste à même de s’adapter à des conditions variables. Or, les immenses attentes que l’on place actuellement dans l’IA reposent justement sur des systèmes capables d’autonomie et d’un apprentissage à la volée à partir des données collectées en temps réel dans leur environnement. Alors, comment parvenir à un tel résultat, avec des IA capables de s’auto-organiser et de prendre des décisions en élaborant des modèles et des associations ? La réponse pourrait venir des processeurs neuromorphiques, comme celui développé par Intel. Le fondeur vient en effet de dévoiler une puce baptisée Loihi (du nom d’un volcan sous-marin actif au large d’Hawaï) dont l’architecture s’inspire du fonctionnement du cerveau humain, avec des interactions entre des milliers de neurones. « À mesure que les tâches des IA deviennent plus diverses et complexes, elles éprouveront les limites des architectures de calcul dominantes actuelles et entraîneront de nouvelles approches innovantes », estime Intel. Ces dernières années, le recours aux processeurs graphiques (GPU) a fait accomplir un pas de géant à l’IA, de même que le cloud computing avec des batteries de serveurs capables de traiter les grands volumes de données nécessaires au machine learning. La tendance actuelle est aux processeurs spécialisés pour l’intelligence artificielle, comme en développent Nvidia, Google (Tensor Processing Unit), AMD, ARM, Samsung ou encore Qualcomm. Peu d’acteurs parient pour le moment sur les processeurs neuromorphiques, qui n’ont pas encore fait la preuve de leur supériorité face aux solutions actuelles. IBM a franchi le pas. Ce type de puce représente tout de même une piste prometteuse alors que l’on nous annonce la fin de la loi de Moore pour 2030 (voir le livre blanc de l’IEEE). Le fait qu’Intel, par ailleurs grand évangéliste de la loi de Moore, explore cette voie n’est évidemment pas anodin. Les 130.000 neurones et les 130 millions de synapses en silicium du processeur Loihi forment un réseau de cœurs neuromorphiques asynchrones qui savent moduler leurs interconnexions pour s’adapter à de nouvelles tâches. À l’instar de notre cerveau, chaque neurone est capable de communiquer avec des milliers d’autres. Et chaque cœur neuromorphique comprend un moteur d’apprentissage qui peut être programmé à la volée pour adapter le réseau neuronal en fonction des besoins. En résumé, une IA propulsée par un processeur Loihi peut apprendre à développer une forme d’expérience qui l’aide à résoudre des problèmes. Alors qu’un processeur classique partage le traitement des données entre son cœur de calcul et une mémoire séparée, les neurones adaptatifs de Loihi fusionnent le calcul et la mémoire, ce qui rend les opérations plus rapides et moins énergivores. Intel affirme que son processeur peut interpréter des vidéos en utilisant moins d’un millième de l’énergie d’une puce classique. Les premiers essais réalisés avec Loihi sont encore assez limités. La puce a été testée en lui montrant des vidéos de personnes accomplissant des mouvements avec leurs biceps. Elle devait ensuite retrouver les mêmes mouvements dans des vidéos inédites. Selon Intel, les capacités de Loihi, gravé en 14 nanomètres, démontrent un potentiel énorme pour améliorer des applicationsdans les domaines des transports, de la robotique et des industries, où l’exploitation en temps réel et autonome de données non structurées est primordiale.

L’apéro à la mode latine

Pour le chef colombien Pablo Jacob, l’apéritif n’est pas un concept évident. Dans les tiendas (les petites épiceries de quartier) comme sur les bords des routes de campagne, les Colombiens picorent des arepas (pains de maïs) en fin de journée, avec une bière frappée, comme une mise en bouche avant de rentrer à la maison. L’« apéro arepa », en somme. Sauf qu’à la réflexion, ils en grignotent aussi au petit déjeuner et l’après-midi, avec un chocolat chaud mousseux. « En Amérique latine, on mange tout le temps, surtout l’après-midi », constate le jeune chef. Maïs, le grain sacré Du Mexique au Chili, en passant par la Colombie et le Pérou, l’alimentation latino-américaine s’est construite autour des ingrédients de subsistance que sont le maïs, les haricots et les courges (les fameuses « trois sœurs » de l’agriculture paysanne ancestrale), les tomates, les avocats, les pommes de terre (en altitude) et le manioc (un peu partout). Originaire d’Amérique centrale, le maïs est le grain sacré du monde pré-hispanique, l’aliment essentiel qui fait l’homme et le maintient en vie. C’est la base des fameuses tortillas, l’une des plus anciennes préparations culinaires de la céréale – et l’aliment roi de l’équivalent latino de l’apéro. Le grain est macéré et cuit plusieurs heures dans une solution alcaline, à l’eau de chaux (procédé de nixtamalisation qui assouplit la coque externe du grain) avant d’être lavé puis broyé, pour être transformé en pâte. Fourrées d’une infinité de garnitures – viandes marinées, poissons, légumes crus et cuits, guacamole, « salsas » – les galettes se mangent avec les doigts, et toujours en nombre. Aujourd’hui, les galettes de maïs sont servies à toutes les sauces : en accompagnement de plats chauds ou froids, quesadillas, enchiladas, burritos, mais aussi dans les soupes – et en tacos bien sûr. Au Mexique, ceux-ci constituent l’antojito (en-cas, ou « petite envie ») par excellence. Fourrés d’une infinité de garnitures, viandes marinées ou poissons, légumes crus et cuits, herbes fraîches, guacamole et autres salsas, ils se mangent avec les doigts, et toujours en nombre. C’est l’un des repas traditionnels dont se nourrissent les hommes travaillant dans les champs, facile à transporter et à consommer. Un plat d’extérieur, qui s’avale dès le milieu de l’après-midi, et jusqu’à la fin de la nuit, sur les stands de rue et dans les petites taquerias (restaurant de tacos). Un peu plus au sud, la galette prend de l’épaisseur et devient arepa, pain de maïs rond et plat dont les Colombiens et les Vénézuéliens raffolent, au point de s’en disputer la paternité. Selon les régions, l’arepa se mange « nue » ou fourrée d’œuf et frite comme dans la zone caraïbe, au fromage dans les provinces andines, ou encore avec de la couenne de porc (chicharrón), dans le centre de la Colombie.

L’informatique et la défense

Le ministère de la défense et des anciens combattants est une institution qui a connu de nombreux changements de noms, au gré de l’Histoire de France et de l’histoire militaire, passant d’un secrétariat d’État à un ministère de la guerre puis à celui de la défense nationale et des forces armées et, enfin à son nom actuel depuis 1974. Ces dernières années, le ministère de la défense a mis en oeuvre une profonde transformation de l’outil de défense. La professionnalisation des armées et la suspension du service national ont nécessité la mise en place d’une organisation dont l’adaptation se poursuit pour répondre aux évolutions d’un contexte géopolitique de plus en plus complexe. Cette professionnalisation des forces armées et l’abandon d’une armée mixte, annoncée en 1996, est effective depuis le 31 décembre 2002. Le ministère de la défense et des anciens combattants, conformément aux objectifs fixés par le Livre blanc sur la défense et la sécurité nationale (2008) , et dans le cadre de la révision générale des politiques publiques appliquée à l’ensemble des ministères, s’est engagé dans une restructuration en profondeur de son administration générale et des structures de soutien des forces armées sur le territoire. Organigramme simplifié du ministère de la défense et des anciens combattants : Dans l’exercice de ses attributions, le ministre de la défense est assisté par : Le Chef d’état-major des armées (CEMA) pour l’organisation générale des armées et des organismes interarmées placés sous son autorité, leur préparation et leur mise en condition d’emploi ainsi que pour les choix capacitaires. Le Délégué général pour l’Armement (DGA) en matière de recherche, de réalisation d’équipements des forces, de relations internationales concernant l’armement et de politique industrielle de défense ; Le Secrétaire général pour l’administration (SGA) dans tous les domaines de l’administration générale du ministère, notamment en matière budgétaire, financière, juridique, patrimoniale, immobilière, sociale et de ressources humaines. Source : L’Agence SEO

Arabie : une taxe sur les péchés

Ultradépendante des revenus pétroliers, l’Arabie Saoudite tente de diversifier son économie. Le royaume a introduit lundi une taxe sur les cigarettes et les boissons sucrées, dite «taxe sur les péchés». Conséquence, le prix du tabac et des boissons énergisantes va doubler, d’abord pour faire rentrer de l’argent dans les caisses de l’Etat mais aussi pour s’attaquer au diabète, problème sanitaire majeur au sein de la jeunesse saoudienne. Des messages de prévention sur les effets du tabac seront également apposés sur les paquets. Quant aux boissons sucrées, elles seront taxées à 50%. Les nouvelles taxes ont été annoncées par l’autorité générale de la zakat (aumône légale) et des impôts. «La décision a été prise depuis un an, souligne Fatiha Dazi-Héni, politologue spécialiste de la péninsule arabique et auteure de l’Arabie Saoudite en 100 questions. Ces mesures d’austérité font partie d’un ensemble plus large, « vision 2030″, qui comprend également la création d’une TVA à 5% en 2018.» Une petite révolution dans le royaume, car jusqu’à présent, les habitants avaient joui d’une quasi-absence de taxes. Ces décisions s’imposent d’autant plus que le budget de l’Etat saoudien dépend à 90% des revenus pétroliers et pour maintenir son niveau de vie, le royaume a besoin d’un barril à 85 dollars. Or aujourd’hui, le brut plafonne à 46 dollars. Le pays n’a donc plus les moyens de maintenir un service public hypertrophié qui emploie plusieurs millions de personnes pour maintenir la paix sociale. La décision du royaume de taxer le tabac et les boissons sucrées a été prise en concertation avec les cinq autres pays membres du Conseil de coopération du Golfe. Les monarchies pétrolières souffrent de la chute des prix de l’or noir. «Les pays sont dans une dynamique de changement pour sortir de leur dépendance au pétrole en revenant sur certaines politiques redistributives», souligne Fatiha Dazi-Héni. Les effets des déficits se font particulièrement ressentir en Arabie Saoudite. A la différence de ses voisins, comme le Qatar, les Emirats arabes unis ou Koweït, le pays est relativement peuplé, avec 31,5 millions d’habitants et les Saoudiens bénéficient d’une éducation et d’un service de soin gratuits. Riyad est déjà revenu sur certaines subventions comme celle accordée aux carburants. Mais le pays a fait marche arrière sur sa décision de baisser de 20 à 30% les primes accordées aux fonctionnaires, face à la grogne des principaux intéressés. Mais le pays doit faire des réformes alors que l’Arabie Saoudite devrait enregistrer un déficit de 40 milliards de dollars cette année, après 98 milliards en 2015. Malgré tout, la monarchie a encore les reins solides, sa dette tournant autour des 20%.

Comme un astronaute

Il y a quelques jours, je me suis rendu à Miami pour accomplir une activité pour le moins originale : un vol en apesanteur ! Je crois que nous étions 40 participants de tous horizons pour ce vol sensationnel. Après un speech portant sur la sécurité, nous avons décollé normalement, et attendu jusqu’à ce que G Force One (c’est le nom de l’appareil) atteigne l’altitude requise pour le vol parabolique. Finalement, l’on nous a engagés à rejoindre le milieu de la cabine : on s’apprêtait à effectuer la première parabole ! Nous nous sommes tous allongés à même le sol en essayant de ne pas montrer notre stress. Pour ceux qui n’ont jamais entendu parler du vol parabolique, le principe est simple : l’appareil commence par monter pour ensuite plonger d’un coup ; quand il est au sommet de sa parabole et retombe, en résulte un court moment d’apesanteur, de 22 secondes exactement. L’avion faisant quinze paraboles au total, cela laisse donc quelques 330 secondes d’apesanteur ! La classe, quand même ! Mais comment ça se passe, exactement ? Lorsque le Boeing commence à monter, on se retrouve d’abord écrasé au sol : c’est la phase d’hypergravité. Et c’est très étrange, de peser quelques 140 kg, même si ça ne dure pas longtemps ! Ensuite, le pilote avertit qu’on est en haut de la parabole et qu’on s’apprête à redescendre. Et soudain, le corps ne pèse plus rien ! Chacun appréhende ce nouvel état d’une manière différente : certains participants se raccrochent aux straps pour rester en contact avec le sol, d’autres pagaient dans l’espace pour essayer de contrôler leurs mouvements. C’est un joyeux fouillis ! Puis le pilote nous signale soudainement qu’il passe en « ressource » ; les 22 petites secondes sont déjà écoulées ! On se retrouve à nouveau écrasés sur le sol durant quelques secondes. Décidément, le corps est sacrément rudoyé avec un tel vol ! Cela demande du temps, pour se familiariser avec tout ça. Mais on s’y fait. Plutôt que de rebondir d’une paroi à l’autre, on cherche alors à flotter sans se retenir à quoi que ce soit. Et c’est carrément merveilleux ! Si vous avez un jour l’occasion de réaliser un vol en apesanteur, il n’y a pas à hésiter : c’est vraiment une expérience incroyable. Tenez, voilà le site où j’ai trouvé ce vol, si le coeur vous en dit de faire vous aussi un vol en apesanteur.

Les prétentions aristocratiques

Le pouvoir économique est d’abord un pouvoir de mettre la nécessité économique à distance : c’est pourquoi il s’affirme universellement par la destruction de richesses, la dépense ostentatoire, le gaspillage et toutes les formes du luxe gratuit. C’est ainsi que la bourgeoisie, cessant de faire de toute l’existence, à la façon de l’aristocratie de cour, une parade continue, a constitué l’opposition du payant et du gratuit, de l’intéressé et du désintéressé sous la forme de l’opposition, qui la caractérise en propre selon Weber, entre le lieu de travail et le lieu de résidence, les jours ouvrés et les jours fériés, l’extérieur (masculin) et l’intérieur (féminin), les affaires et le sentiment, l’industrie et l’art, le monde de la nécessité économique et le monde de la liberté artistique arraché, par le pouvoir économique, à cette nécessité. La consommation matérielle ou symbolique de l’œuvre d’art constitue une des manifestations suprêmes de l’aisance, au sens à la fois de condition et de disposition que la langue ordinaire donne à ce mot. Le détachement du regard pur ne peut être dissocié d’une disposition générale au « gratuit », au « désintéressé », produit paradoxal d’un conditionnement économique négatif qui, au travers des facultés et des libertés, engendre la distance à la nécessité. Par là même, la disposition esthétique se définit aussi, objectivement et subjectivement, par rapport aux autres dispositions : la distance objective à l’égard de la nécessité et de ceux qui s’y trouvent enfermés s’assortit d’une prise de distance intentionnelle qui redouble, par l’exhibition, la liberté. A mesure que croît la distance objective à la nécessité, le style de vie devient toujours davantage le produit de ce que Weber appelle une « stylisation de la vie », parti systématique qui oriente et organise les pratiques les plus diverses, choix d’un millésime et d’un fromage ou décoration d’une maison de campagne. Affirmation d’un pouvoir sur la nécessité dominée, il enferme toujours la revendication d’une supériorité légitime sur ceux qui, faute de savoir affirmer ce mépris des contingences dans le luxe gratuit et le gaspillage ostentatoire, restent dominés par les intérêts et les urgences ordinaires : les goûts de liberté ne peuvent s’affirmer comme tels que par rapport aux goûts de nécessité, par là portés à l’ordre de l’esthétique, donc constitués comme vulgaires. Cette prétention aristocratique a moins de chances qu’aucune autre d’être contestée puisque la relation de la disposition « pure » et « désintéressée » aux conditions qui la rendent possible, c’est-à-dire aux conditions matérielles d’existence les plus rares parce que les plus affranchies de la nécessité économique, a toutes les chances de passer inaperçue, le privilège le plus classant ayant ainsi le privilège d’apparaître comme le plus fondé en nature.

Orly : les précédentes attaques dans les aéroports français

Un homme a été abattu samedi par les forces de sécurité après avoir tenté de dérober une arme à un militaire en patrouille à Orly. Depuis 1975, les aéroports français ont été plusieurs fois pris pour cible. Sur les pistes de l’aéroport parisien, un tir de roquette manque un Boeing 707 de la compagnie israélienne El-Al, et atteint un DC-9 yougoslave, faisant trois blessés. L’attentat est revendiqué à Beyrouth par l’organisation palestinienne «Septembre noir». Un commando de trois hommes tente de détruire un Boeing 707 de la compagnie El-Al, blessant vingt personnes, puis prend dix autres personnes en otage. Au bout de 20 heures de tractations, les otages sont libérés, et leurs ravisseurs peuvent quitter la France pour le Proche-Orient. Un commando du FLNC (Front de libération nationale de la Corse) plastique un Boeing 707 d’Air France sur l’aéroport d’Ajaccio (Corse-du-Sud). Pas de victime. Des terroristes palestiniens ouvrent le feu, dans l’aérogare sur un groupe de passagers en instance d’embarquement pour Tel-Aviv. Bilan: 8 morts (trois membres du commando, deux CRS et trois passagers). Trois passagers sont blessés. Une bombe explose dans les consignes à Orly-Ouest, faisant douze blessés légers et de gros dégâts matériels. L’attentat est revendiqué par Action directe. Une explosion criminelle ravage l’aérogare, deux minutes après l’atterrissage de l’avion transportant le président Valéry Giscard d’Estaing. L’attentat, qui a lieu 10 jours avant le premier tour de l’élection présidentielle, fait un mort et 8 blessés. L’explosion d’une bombe près des comptoirs d’enregistrement de la compagnie Turkish Airlines.

Les hôtels d’aéroport

Une nouvelle génération d’hôtels d’aéroport s’est posée tout en douceur près des grands hubs mondiaux, ajoutant aux critères fonctionnels un caractère affirmé, à la fois très contemporain et convivial. Séjourner dans un hôtel d’aéroport n’est, à vrai dire, pas la plus riante des perspectives qui s’offrent aux cadres nomades. C’est souvent un passage obligé afin de pouvoir prendre le premier vol du matin pour regagner leur bureau.Parfois même, c’est une étape contrainte par une réunion qui se prolonge, laissant le dernier avion décoller sans eux. Ou encore un arrêt forcé par les nombreux aléas qui viennent troubler le ballet des avions, par exemple un volcan qui crachote ses cendres sur toute l’Europe, une grève qui cloue les appareils au sol ou un aéroport bloqué par la neige. Un brin déprimants donc, tous ces hôtels de passage ? De moins en moins à voir les nouveaux concepts qui apparaissent aujourd’hui à proximité des grands hubs internationaux. CitizenM, Yotel et Pentahotels à Paris CDG, Moxy à Milan Malpensa, Aloft à San Francisco International : à la fois décontractés et trendy, les derniers établissements ouverts aux abords des pistes d’atterrissage tranchent avec leurs aînés, efficaces et fonctionnels, mais qui, pour certains d’entre eux, ont pris quelques rides. “À côté des aéroports, les voyageurs trouvent souvent des produits vieillissants et ennuyeux. Les opérateurs ne ressentent pas le besoin de les rénover ou d’innover, d’abord parce que ces établissements marchent très bien et qu’en plus, la demande ne cesse de croître”, remarque Alastair Thomann, directeur général de Pentahotels. Pour en savoir plus, allez sur Les plus beaux hôtels du monde.

Les plus riches toujours plus riches

Oxfam dénonce, dans un rapport publié ce lundi, le désengagement des Etats dans la lutte contre l’accroissement des inégalités économiques dans le monde. Grand-messe du libéralisme, le Forum économique mondial de Davos (Suisse) se déroule, cette année, du 17 au 20 janvier. Pour l’occasion, l’ONG Oxfam publie son dernier rapport sur les inégalités économiques dans le monde, intitulé Une économie au service des 99%. Depuis 2015, les 1% les plus prospères détiennent autant de richesses que le reste de la planète. En France, ces 1% les plus aisés possèdent 25% des richesses nationales. «Il est indécent que tant de richesses soient concentrées dans les mains d’une si infime minorité, quand on sait qu’1 personne sur 10 dans le monde vit avec moins de 2 dollars par jour, alerte Manon Aubry, porte-parole d’Oxfam France. Les inégalités relèguent des centaines de millions de personnes dans la pauvreté, fracturent nos sociétés et affaiblissent la démocratie.» L’étude attribue ces inégalités, tout d’abord, aux pressions exercées par les entreprises sur les travailleurs, pour limiter leurs coûts salariaux et augmenter leurs bénéfices. «Tandis que de nombreux PDG, souvent rémunérés en actions, ont vu leur rémunération s’envoler, les salaires de base des producteurs et des travailleurs ont très peu évolué, voire baissé dans certains cas», précise le rapport. Les revenus des 10% les plus pauvres ont augmenté de moins de 3 dollars par an, entre 1988 et 2011, tandis que l’augmentation des revenus des 1% les plus riches a été 182 fois supérieure. Certaines entreprises optimisent aussi leurs bénéfices en allégeant le plus possible leur charge fiscale. Pour cela, toutes les techniques d’évasion fiscale sont bonnes, notamment les fiscalités attrayantes que proposent certaines pays. «Le Kenya perd, chaque année, 1,1 milliard de dollars à cause de l’évasion fiscale, soit près du double du budget de la santé dans un pays où 1 femme sur 40 décède lors de l’accouchement.» A l’échelle du continent, l’Afrique subit un manque à gagner fiscal de 14 milliards de dollars par an. Oxfam critique aussi les entreprises qui favorisent l’enrichissement de leurs actionnaires, à celui de leurs salariés. Elles sont nombreuses. Cette année, par exemple, les quarante premières capitalisations de la place financière parisienne ont distribué 57,1 milliards d’euros de dividendes, soit le plus haut niveau jamais atteint depuis 2007, à la veille du krach. Les dérives de l’économie de marché mondialisée sont pointées du doigt. «Nous avons pu observer à quel point la corruption et la connivence faussent les marchés aux dépens des citoyens ordinaires, et comment la « productivité » excessive du secteur financier exacerbe les inégalités», développe leur rapport. Oxfam n’est pas la seule organisation à mettre en évidence les conséquences néfastes du système économique mondialisé tel qu’il fonctionne actuellement. «Les coûts du néolibéralisme en termes de croissance des inégalités sont flagrants. […] En plus d’augmenter les probabilités d’une krach, le libre-échange augmente les inégalités», soulignaient des économistes du FMI, dans un rapport publié en juin. Le super enrichissement des entreprises se répercute sur celui de certains individus. En 2016, 1 810 personnes étaient millardaires dans le monde, réunissant 6 500 milliards de dollars entre leurs mains. Grâce à des manipulations fiscales et de bons placements, les plus prospères font croître leurs richesses mécaniquement et rapidement. Bill Gates, l’homme le plus riche de la planète (75 milliards de dollars), a ainsi augmenté sa fortune de 50 % depuis qu’il a quitté Microsoft en 2006, selon le classement Forbes. Par ailleurs, un tiers de la fortune des milliardaires dans le monde provient d’héritages. «Il faudrait commencer par créer des entreprises et une économie où il n’est pas possible d’amasser des fortunes excessives : par exemple, en limitant les salaires des dirigeants et en encourageant des modèles d’entreprise qui n’accordent pas de récompense indue aux actionnaires, détaille le rapport d’Oxfam. Deuxièmement, il ne sera possible d’éliminer les richesses excessives que si des mesures sont prises pour mettre fin à l’influence indue que les élites exercent sur la politique et l’économie.» En avril 2013, la Banque mondiale a adopté deux objectifs ambitieux : mettre fin à l’extrême pauvreté mondiale et promouvoir la prospérité partagée partout dans le monde, de manière durable. Le but est de réduire la pauvreté d’une proportion 10,7% d’individus à l’échelle mondiale en 2013, à 3% en 2030. Pour cela, «il est important de réduire les inégalités car elles sont liées intrinsèquement à la réduction de la pauvreté absolue et une meilleure répartition de la prospérité», détaille un rapport publié en septembre par la Banque mondiale. Que font les Etats dans tout ça ? «Les gouvernements ne sont pas impuissants face aux forces du marché, interpelle Manon Aubry. Quand les responsables politiques arrêteront d’être obsédés par le PIB et se focaliseront sur l’intérêt de l’ensemble de leurs citoyen-ne-s, et non seulement d’une élite, un avenir meilleur sera possible pour toutes et tous.» L’ONG propose, entre autres, de ne plus construire les politiques publiques sur des objectifs de croissance du PIB, mais de se baser sur d’autres références : l’indicateur de progrès véritable, l’indice du «vivre mieux» de l’OCDE ou encore l’indice du progrès social.